← NPC InvestSuivi depuis la publicationMéthodologieBanques zone euro | Édition 1Version PDF au format A4
Note sectorielle | Édition 1
Données arrêtées au 2 octobre 2026
Document destiné aux professionnels (CGP/CIF), communication à caractère promotionnelAvertissements en fin de document
Banques de la zone euro | Détail, BFI, gestion et assurance captives

Le marché paie deux fois plus cher le point de rentabilité espagnol que le point français

Pourquoi cette note

Première édition de notre couverture des banques de la zone euro, au rythme d'une édition tous les six mois. Le secteur a nettement devancé le marché européen sur un an (+33,2 % contre +14,1 % pour le STOXX Europe 600, dividendes réinvestis des deux côtés) alors que la BCE a relevé son taux de dépôt de 2,00 % à 2,50 % entre juin et septembre 2026. La question n'est plus de savoir si les banques gagnent de l'argent, mais si le prix payé pour cette rentabilité est le même partout : il ne l'est pas.

NeutreOpinion sectorielle par rapport au STOXX Europe 600, conviction modérée. Relative à un indice nommé, elle ne constitue pas une allocation pour un client donné.

Ce qui nous donnerait tort

  • Revenu net d'intérêt agrégé des dix banques en hausse de plus de 6 % sur un an au T3 2026 (publications du 28 au 30 octobre) : nous examinerons une surpondération (clause c2).
  • Part nette des banques durcissant leurs critères de crédit aux entreprises au-delà de 15 % dans une enquête de la BCE d'ici avril 2027 (prochaine le 27 octobre) : nous examinerons une sous-pondération (c1).
  • Écart de taux à dix ans France contre Allemagne au-delà de 100 points de base : la décote des banques françaises devient un risque souverain (c6). Dans chaque cas, nous publierons un flash d'une page.
Points clés
  • Le cycle des taux s'est retourné à la hausse. Taux de dépôt de la BCE à 2,50 % depuis le 16 septembre 2026 [publié, BCE] : un soutien au revenu net d'intérêt, mais une pente 10 ans moins 2 ans de la courbe AAA de 47 points de base seulement [publié, BCE, 02/10/2026].
  • Une valorisation coupée en deux. 0,76 à 0,88 fois l'actif net tangible pour les banques françaises et Deutsche Bank, 1,80 à 2,54 fois pour les italiennes, les espagnoles et ING [estimation NPC, cours du 02/10/2026].
  • Rapporté à la rentabilité, l'écart reste du simple au double. 0,6 à 0,75 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE en France, en Allemagne et en Italie, 1,07 à 1,41 fois en Espagne et chez ING [estimation NPC].
  • Objection recevable : le crédit se resserre. Critères d'octroi aux entreprises en durcissement depuis quatre trimestres (solde net de 7,3 % en juillet 2026) [publié, BCE] ; un retournement du coût du risque toucherait d'abord les banques payées le plus cher.
Conclusion

Neutre sur le secteur : la hausse des taux soutient les revenus, mais une partie de ce soutien est dans les cours et le crédit se resserre. À l'intérieur du secteur, l'asymétrie est favorable chez BNP Paribas et Crédit Agricole SA, dont la rentabilité progresse pour moins de 0,9 fois l'actif net tangible, et défavorable chez CaixaBank et ING, les deux titres les plus chers rapportés à leur rentabilité.

NPC Invest, marque de NoblePeak Capital Partners | Recherche sectorielle
NPC INVESTBanques zone euro | Note sectorielle, édition 1 | 2 octobre 2026

La thèse en six chiffres

2,50 %
Taux de dépôt de la BCE depuis le 16/09/2026, contre 2,00 % jusqu'au 17/06/2026 : le cycle des taux s'est retourné à la hausse.
Publié, BCE§5, clause c3
+33,2 contre +14,1 %
Performance sur un an de l'EURO STOXX Banks et du STOXX Europe 600, dividendes réinvestis, au 02/10/2026.
Publié, clôtures officielles§2
1,72 x
Actif net tangible du panel, pondéré par les capitalisations : un secteur qui n'est plus décoté dans son ensemble.
Estimation NPC§7
0,64 contre 1,41
Actif net tangible payé pour dix points de ROTE chez BNP Paribas et chez CaixaBank : l'écart de prix qui fonde les deux groupes.
Estimation NPC§7, §9
7,3 %
Part nette des banques durcissant leurs critères de crédit aux entreprises (enquête de juillet 2026), positive depuis quatre trimestres.
Publié, BCEclause c1
82 pb
Écart de taux à dix ans France contre Allemagne en août 2026, au-dessus de l'Italie (80) : le risque souverain pèse sur la décote française.
Publié, BCEclause c6

Établi, anticipé, opinion

SujetÉtabli (publié)Anticipé par le marchéOpinion de la maison
TauxTaux de dépôt BCE 2,50 %, pente AAA 10 ans moins 2 ans de 47 pb [publié, BCE]Hausse de 2026 en partie intégrée (secteur +33,2 % sur un an)Soutien réel mais déjà payé ; condition : revenu net d'intérêt agrégé du T3 sous +6 % sur un an (c2)
ValorisationCours de clôture du 02/10/2026 [publié, clôtures officielles]Panel à 1,72 fois l'actif net tangible ; prime pour l'Espagne et ING, décote pour la France [estimation NPC]Décote française excessive tant que l'écart souverain reste sous 100 pb (c6)
RentabilitéROTE du S1 2026 de 11,9 % (Deutsche Bank) à 25 % (Intesa Sanpaolo) [publié]Guidances 2026 relevées par la plupart des banques [guidance société]Pic en Italie et chez CaixaBank, expansion en France
CréditPrêts aux entreprises +4,2 % sur un an en août 2026, critères en durcissement depuis quatre trimestres [publié, BCE]Coût du risque bas et stablePremier risque de l'opinion neutre (c1)

Révisions

ÉlémentÉdition précédenteCette édition
Opinion sectorielle contre STOXX Europe 600s.o.Neutre, conviction modérée
Cycle : Italie et CaixaBank / France, ING, Deutsche Bank / BBVA, Santanders.o.Pic / expansion / hors grille
BNP Paribas, Crédit Agricole SAs.o.Exposition cœur
CaixaBank, ING Groeps.o.Asymétrie défavorable
Clauses c1 à c8s.o.Ouvertes

Lecture : la colonne « établi » ne contient que des chiffres publiés et auditables ; la colonne « anticipé » ce que les guidances, le consensus et les prix intègrent ; la dernière colonne l'opinion de NPC Invest, formulée avec sa condition de validation (clauses en annexe, section 12). Aucun objectif de cours n'est publié.

NPC Invest | Banques zone euro, édition 1

1Synthèse d'opinion

Neutre sur le secteur, sélectif à l'intérieur

Opinion sectorielle : Neutre sur les banques de la zone euro par rapport au STOXX Europe 600, conviction modérée. Cette opinion est relative à un indice nommé et ne constitue pas une allocation recommandée pour un client donné.

Le bon découpage : le prix d'un point de rentabilité

Le découpage qui exprime le mieux notre opinion n'oppose pas la banque de détail à la banque de financement et d'investissement (BFI), mais le prix payé pour un point de rentabilité. D'un côté, les banques que le marché paie moins de 0,7 fois leur actif net tangible pour dix points de ROTE, sur une rentabilité qui progresse encore (BNP Paribas, Crédit Agricole SA, Société Générale, Deutsche Bank). De l'autre, celles qu'il paie plus d'une fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE (Banco Santander, BBVA, CaixaBank, ING Groep). Les banques italiennes, à 0,75, se situent entre les deux, mais sur une rentabilité au pic. Le premier sous-panel exprime bien une opinion neutre assortie de sélectivité ; le second l'exprime mal, parce que son prix suppose que la rentabilité actuelle durera.

Groupe « caractéristiques d'une exposition cœur » : BNP Paribas, Crédit Agricole SA. Groupe « asymétrie défavorable au prix actuel » : CaixaBank, ING Groep. Les six autres titres sont neutres (section 8).

Trois arguments : taux, crédit, dispersion

Premièrement, la hausse des taux de la BCE en 2026 soutient le revenu net d'intérêt, mais le secteur a déjà devancé le marché de 19 points sur un an, ce qui en intègre une large part. Deuxièmement, les critères de crédit aux entreprises se durcissent depuis quatre trimestres, ce qui annonce plus souvent une remontée du coût du risque qu'une accélération des volumes. Troisièmement, la dispersion des valorisations est telle que le choix du sous-panel compte davantage que la pondération du secteur.

L'objection : des multiples encore modestes

Un secteur payé 10,3 fois ses bénéfices attendus pour 2026 [consensus, panel pondéré] avec des rendements de distribution élevés pourrait continuer de surperformer, et la hausse des taux pourrait prolonger la progression des revenus en 2027. Nous l'entendons ; elle ne renverse pas la conclusion, parce que la pente de la courbe reste plate (47 points de base) et que la transmission des hausses de taux aux dépôts réduira le gain avec un décalage.

2Opinion sectorielle relative au marché

Neutre, conviction modérée

Position : Neutre par rapport au STOXX Europe 600 (indice de prix en euros). Conviction modérée : les deux forces en présence, soutien des taux et resserrement du crédit, sont documentées, et aucune ne domine encore.

L'indice de mesure et ses limites

L'EURO STOXX Banks (SX7E) est un indice de prix en euros d'une vingtaine de banques de la zone euro ; il exclut les banques suisses, britanniques et américaines, ainsi que les banques nordiques hors zone euro (Nordea, établie en Finlande, y figure). Il mesure le secteur tel que la note le définit. C'est un indice de prix, sans réinvestissement des dividendes, alors que la mesure des titres réinvestit les dividendes : avec des rendements de 4 à 7 % sur une partie du panel, l'écart annuel entre les deux mesures est significatif.

Le secteur a devancé le marché de 16 à 19 points

Au 2 octobre 2026, l'EURO STOXX Banks cotait 298,04 points, en hausse de 27,20 % sur un an en prix [publié, sources secondaires CNBC et Trading Economics] ; sa réplique dividendes réinvestis progresse de 33,2 % sur la même période, avec un plus haut annuel le 14 août 2026 [publié, clôtures officielles]. Le STOXX Europe 600 cotait 631,35 points, en hausse de 11,2 % sur un an en prix et de 14,1 % dividendes réinvestis [publié, clôtures officielles]. Le secteur a donc devancé le marché d'environ 19 points dividendes réinvestis des deux côtés, et d'environ 16 points en prix.

Performance sur un an au 2 octobre 2026, dividendes réinvestis (%)
BBVA+52,9ING Groep+46,9CaixaBank+40,4Banco Santander+39,8EURO STOXX Banks+33,2UniCredit+30,4BNP Paribas+26,3Intesa Sanpaolo+21,3Société Générale+19,9STOXX Europe 600+14,1Deutsche Bank+6,7Crédit Agricole SA+6,5
Publié, clôtures officielles du 02/10/2025 et du 02/10/2026, cours ajustés des dividendes ; indices : fonds indiciels UCITS qui les répliquent, dividendes réinvestis. Violet : exposition cœur ; violet foncé : asymétrie défavorable ; gris : neutre ; brun : références. La performance passée est un fait de marché, pas un critère de qualité : elle ne préjuge pas des performances futures. Échelle : 6,5 points par point de pourcentage.
Le secteur contre le marché du 2 octobre 2025 au 2 octobre 2026 (performance cumulée, dividendes réinvestis, %)
0 %+20 %+40 %+33,2 %+14,1 %oct. 2025janv. 2026avr. 2026juil. 2026oct. 2026EURO STOXX BanksSTOXX Europe 600
Publié, clôtures hebdomadaires de fonds indiciels UCITS répliquant chaque indice, dividendes réinvestis. L'écart, en violet clair, a culminé à la mi-septembre 2026 avant de se réduire dans les dernières séances. Échelle : 2,6 points par point de pourcentage.
La valorisation du secteur contre le marché

Le panel des dix banques se paie 1,72 fois son actif net tangible et 10,3 fois ses bénéfices attendus pour 2026, en moyennes pondérées par les capitalisations [estimation NPC, cours du 02/10/2026, section 7]. Le multiple de résultat prospectif du STOXX Europe 600 à la même date est n.d., ce qui empêche de chiffrer la décote du secteur contre le marché ; les fiches de l'indice sectoriel disponibles à la date d'arrêté ne sont pas assez récentes pour servir de référence.

Pourquoi neutre et pas davantage

Un : la remontée du taux de dépôt de la BCE de 50 points de base en 2026 soutient les revenus, mais la courbe reste plate et la transmission aux dépôts réduira le gain à mesure que les clients arbitrent leurs dépôts à vue. Deux : le crédit se resserre, ce qui pèse d'abord sur les volumes puis sur le coût du risque. Trois : la surperformance de 2025 et 2026 a ramené les banques espagnoles et ING à des niveaux de valorisation qui laissent peu de place à une déception.

Le placement dans le secteur

Sous-panel qui exprime bien l'opinion : les banques payées moins de 0,7 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE (BNP Paribas, Crédit Agricole SA, Société Générale, Deutsche Bank). Sous-panel qui l'exprime mal : les banques payées plus d'une fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE (Banco Santander, BBVA, CaixaBank, ING Groep), dont le prix suppose la durée de la rentabilité actuelle. Un fonds indiciel sur l'EURO STOXX Banks, dominé par l'Espagne et l'Italie, exprime davantage le second sous-panel que le premier.

Deux clauses sectorielles

Clause c1. Part nette des banques de la zone euro durcissant leurs critères d'octroi de crédit aux entreprises (BCE, enquête trimestrielle sur la distribution du crédit) supérieure à 15 %, d'ici le 30/04/2027 : le resserrement devient un signal de retournement du coût du risque, et l'opinion sectorielle est revue vers Sous-pondérer. Clause c2. Revenu net d'intérêt agrégé des dix banques au T3 2026 en hausse de plus de 6 % sur un an (publications des sociétés), d'ici le 30/11/2026 : la hausse des taux se transmet plus vite que prévu, et une surpondération est examinée. Une baisse du taux de dépôt de la BCE (clause c3) ferait aussi changer l'opinion.

3Position dans le cycle

La règle d'asymétrie appliquée aux banques

Sur une activité cyclique, un multiple faible sur des bénéfices de pic est un signal de danger plus qu'une décote ; un multiple élevé sur des bénéfices déprimés peut signaler un point d'entrée. Pour une banque, le bénéfice de pic se reconnaît à trois signes : rentabilité historiquement haute, coefficient d'exploitation à son plancher, coût du risque au plus bas. Cet état est réactualisé entre deux éditions de la note.

Position des sous-segments dans le cycle de rentabilité, au 2 octobre 2026
CreuxRepriseExpansionPicRetournementExpansionBNP Paribas, Crédit Agricole SA,Société Générale, ING, Deutsche BankPic de rentabilitéIntesa Sanpaolo, UniCredit, CaixaBankBBVA, Banco Santanderhors grille : résultats largement émergents
Lecture qualitative NPC Invest, fondée sur les observations ci-dessous (ROTE, coefficients d'exploitation et coût du risque publiés).
Italie et CaixaBank : une rentabilité au plus haut

Pic de rentabilité. ROTE du S1 2026 de 25 % pour Intesa Sanpaolo et de 24 % pour UniCredit [publié] ; coefficients d'exploitation de 35,9 % (Intesa Sanpaolo, S1), 34 % (UniCredit) et 39,5 % (CaixaBank) [publié] ; coût du risque de 17 points de base chez UniCredit et de 24 points de base chez CaixaBank [publié, T2 2026]. Le revenu net d'intérêt d'UniCredit recule déjà de 1 % sur un an au S1 [publié]. La marge d'amélioration est faible.

France, ING, Deutsche Bank : une rentabilité qui progresse

Expansion. ROTE de 12,0 % (Société Générale, S1), 13,3 % (BNP Paribas, au 30 juin), 14,3 % (Crédit Agricole SA, S1), 11,9 % (Deutsche Bank, S1) et 14,5 % pour ING sur quatre trimestres glissants [publié]. Coefficients d'exploitation encore élevés, de 54,7 % (Crédit Agricole SA, S1) à 60,9 % (Deutsche Bank, S1) [publié] : la rentabilité progresse par l'efficacité et pas seulement par les taux.

BBVA, Santander : hors grille

Une part importante de leurs résultats dépend du Mexique, de la Turquie et du Brésil (taux directeur turc à 37 % en juillet 2026, coût du risque de BBVA de 143 points de base depuis le début de l'année) [publié], qui ne se lisent pas dans la grille de la zone euro.

Coefficient d'exploitation et coût du risque publiés, premier semestre 2026
30 %40 %50 %60 %050100150Coefficient d'exploitation publié (%)Coût du risque (pb)Coûts au plancher, risque au plus bas : signes de picBNP ParibasCrédit Agricole SASociété GénéraleDeutsche BankUniCreditCaixaBankBBVABanco Santander
Publié, communiqués des sociétés : coefficient d'exploitation du S1 (T2 pour BNP Paribas et UniCredit), coût du risque du T2 ou du S1 selon la publication ; BBVA et Banco Santander incluent leurs activités émergentes. Intesa Sanpaolo (coût du risque n.d.) et ING Groep (coefficient d'exploitation n.d.) ne sont pas représentés. Les définitions et les périodes diffèrent d'une banque à l'autre : le graphique compare des ordres de grandeur.
Un multiple bas sur un pic n'est pas une décote

Les banques italiennes sont payées 0,75 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE, proche des banques françaises (0,61 à 0,64) : le marché les valorise comme si leur rentabilité devait baisser, ce qui est cohérent avec un pic. Ce multiple bas sur bénéfices de pic n'est pas une décote à saisir, d'où l'absence d'opinion sur Intesa Sanpaolo et UniCredit. Les banques françaises se paient le même prix pour dix points de ROTE, mais sur une rentabilité qui progresse : c'est là que l'asymétrie est favorable.

4Structure du secteur et localisation de la rente

Les quatre fonctions économiques et leur rente
Sources : communiqués des sociétés, T2 et S1 2026 [publié]. Détail et statut des chiffres dans le texte ci-dessous.
La marge d'intérêt, première rente

La rente principale de 2023 à 2026 vient de l'écart entre le rendement des crédits et des placements, renouvelés aux taux de marché, et le coût des dépôts à vue, rémunérés faiblement. Elle est la plus forte là où les crédits sont à taux variable et les dépôts peu rémunérés (Italie, Espagne), plus faible en France, où l'épargne réglementée et les crédits immobiliers à taux fixe retardent la transmission. Goulots : la concurrence sur les dépôts à terme, la réglementation de l'épargne et le capital, qui limite la croissance des encours.

BFI et gestion : la diversification des revenus

La BFI est une rente d'échelle : BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale, Banco Santander et UniCredit en disposent d'une significative ; son goulot est l'intensité en capital (actifs pondérés de Deutsche Bank en hausse de 5 milliards d'euros hors change au T2) [publié]. La gestion d'actifs et l'assurance captives apportent des commissions récurrentes et peu consommatrices de capital : Crédit Agricole SA (Amundi, Crédit Agricole Assurances), Intesa Sanpaolo (Eurizon, Fideuram), BNP Paribas (assurance et gestion), ING (commissions de 1 278 millions d'euros au T2, +14 % sur un an) [publié].

Le capital finance la distribution

Ratios CET1 de 11,3 % (Crédit Agricole SA ; 17,2 % pour le groupe Crédit Agricole) à 14,3 % (UniCredit) [publié], au-dessus des exigences publiées (10,43 % pour BNP Paribas, 10,26 % pour Société Générale, 11,10 % pour ING, 8,98 % pour BBVA) [publié]. Ce coussin finance la distribution.

Ratio CET1 publié et exigence réglementaire, 30 juin 2026 (%)
UniCredit14,3 %Banco Santander14,0 %Deutsche Bank13,9 %Société Générale13,2 %ING Groep13,1 %Intesa Sanpaolo13,1 %BNP Paribas13,0 %BBVA12,9 %CaixaBank12,54 %Crédit Agricole SA11,3 %exigence publiée
Publié, communiqués des sociétés au 30/06/2026. Le trait rouge marque l'exigence de CET1 publiée par la banque, quand elle l'est (BNP Paribas, Société Générale, ING Groep, BBVA) ; n.d. pour les autres. Crédit Agricole SA : ratio de l'entité cotée (17,2 % pour le groupe Crédit Agricole). L'écart entre le ratio et l'exigence est le coussin qui finance la distribution. Échelle : 22 points par point de pourcentage.

5Moteurs de demande, chiffrés

Indicateur (zone euro)ValeurDateLecture
Taux de la facilité de dépôt de la BCE2,50 %depuis le 16/09/2026 (2,25 % au 17/06, 2,00 % avant)Cycle des taux retourné à la hausse
Courbe AAA : 2 ans / 10 ans2,99 % / 3,46 %02/10/2026Pente de 47 pb : gain de transformation limité
Prêts aux sociétés non financières+4,2 %août 2026, sur un anDemande de crédit en progression
Prêts aux ménages+3,1 %août 2026, sur un anProgression modérée
Critères d'octroi aux entreprises, solde net durcissant4,2 / 6,6 / 10,1 / 7,3 %T4 2025 au T3 2026Quatre trimestres de durcissement
Coût moyen du crédit aux entreprises3,63 %août 2026Supérieur au taux directeur de plus d'un point
Écart à dix ans contre l'Allemagne : France / Italie / Espagne82 / 80 / 45 pbaoût 2026, moyennes mensuellesLe risque souverain français rejoint l'italien

Source : BCE (décisions de politique monétaire, courbe des taux AAA, statistiques de bilan, enquête sur la distribution du crédit, taux d'intérêt bancaires, rendements à long terme) [publié]. Les écarts souverains sont calculés à partir des rendements à long terme mensuels publiés par la BCE.

Taux de dépôt de la BCE et courbe AAA de la zone euro, octobre 2023 au 2 octobre 2026 (%)
2 %3 %4 %3,462,992,50janv. 2024juil. 2024janv. 2025juil. 2025janv. 2026juil. 2026AAA 10 ansAAA 2 ansTaux de dépôt BCE
Publié, BCE : taux de la facilité de dépôt (en vigueur en fin de mois) et taux de la courbe AAA de la zone euro en fin de mois, dernier point au 02/10/2026. La pente 10 ans moins 2 ans est de 47 points de base à la date d'arrêté ; le taux de dépôt est remonté de 2,00 % à 2,50 % en 2026. Échelle : 50 points par point de pourcentage.
Des taux qui montent, un crédit qui se resserre

La hausse des taux soutient le revenu net d'intérêt des banques dont les actifs se renouvellent vite ; la pente plate limite le gain de transformation. La demande de crédit progresse, mais à un rythme qui ne compense pas à lui seul une compression des marges, et quatre trimestres de durcissement des critères d'octroi forment un signal modéré mais continu. Le risque souverain français rejoint désormais l'italien (82 contre 80 points de base en août 2026), ce qui pèse sur la valorisation des banques françaises, porteuses de dette publique domestique.

Critères d'octroi de crédit aux entreprises : part nette des banques de la zone euro qui les durcissent (%)
seuil de la clause c1 : 15 %11,7T4 234,4T1 243,3T2 242,5T3 240,1T4 247,0T1 252,9T2 25-1,4T3 254,2T4 256,6T1 2610,1T2 267,3T3 26
Publié, BCE, enquête trimestrielle sur la distribution du crédit, T4 2023 au T3 2026 ; un solde positif signale un durcissement. En violet foncé, les quatre trimestres de durcissement continu. La clause c1 prévoit une revue vers Sous-pondérer au-delà de 15 %. Échelle : 5,5 points par point de pourcentage.
Écart de taux à dix ans contre l'Allemagne, France et Italie, août 2024 à août 2026 (points de base)
050100150seuil de la clause c6 (France) : 100 pbItalie 80 pbFrance 82 pbaoût 2024janv. 2025juil. 2025janv. 2026juil. 2026
Publié, BCE, rendements des emprunts d'État à long terme, moyennes mensuelles ; dernier point : août 2026, dernière moyenne publiée à la date d'arrêté. L'écart français a dépassé l'écart italien de décembre 2025 à février 2026, puis de nouveau en août 2026 (82 contre 80 points de base) : les deux risques souverains sont désormais du même ordre. Échelle : 0,85 point par point de base.
Des guidances relevées

Société Générale (ROTE d'environ 11 % en 2026), ING (revenus supérieurs à 24,5 milliards d'euros, ROTE supérieur à 15 % en 2026 et à 16 % en 2027), UniCredit (résultat net supérieur à 11 milliards d'euros), Intesa Sanpaolo (résultat net supérieur à 10 milliards d'euros), BBVA (ROTE du groupe d'environ 21 %) [guidance société, publications du T2 2026]. La participation d'UniCredit dans Commerzbank, avec un effet estimé d'environ 200 points de base sur le CET1 en cas de consolidation [guidance société UniCredit], est le principal dossier de consolidation ouvert. Les sensibilités publiées du revenu net d'intérêt à une variation de 100 points de base sont n.d. par titre, à l'exception de CaixaBank (environ 7,5 %, cible historique) [publié] : nous ne pouvons pas chiffrer titre par titre l'effet de la hausse de 2026.

6Analyse par modèle économique

Banques françaises : une rentabilité qui ne dépend pas que des taux

BNP Paribas : revenus du T2 2026 de 14 091 millions d'euros (+12,0 %), résultat net du S1 de 7 562 millions d'euros, ROTE de 13,3 % au 30 juin, CET1 de 13,0 %, coût du risque de 39 points de base, coefficient d'exploitation de 56,7 % au T2 [publié] ; distribution d'au moins 60 % à partir de 2027 [guidance société]. Crédit Agricole SA : revenus du T2 de 7 363 millions d'euros (+7,7 %), ROTE du S1 de 14,3 %, coefficient d'exploitation de 54,7 %, coût du risque de 38 points de base [publié] ; acompte sur dividende de 0,57 euro [publié]. Société Générale : résultat net du T2 de 1,8 milliard d'euros, ROTE du S1 de 12,0 %, CET1 de 13,2 % après un rachat exceptionnel de 1,5 milliard d'euros [publié]. Les trois améliorent leur efficacité, et leurs revenus dépendent moins du seul revenu net d'intérêt que ceux des banques du Sud.

Banques italiennes : rentabilité au plus haut, coûts au plancher

Intesa Sanpaolo : revenus du S1 de 14 533 millions d'euros (+5,3 %), résultat net de 5 554 millions d'euros, ROTE de 25 %, CET1 de 13,1 % [publié] ; résultat net 2026 supérieur à 10 milliards d'euros et 9,4 milliards d'euros de retour aux actionnaires attendus [guidance société]. UniCredit : résultat net du S1 de 6,3 milliards d'euros, ROTE de 24 %, CET1 de 14,3 %, revenu net d'intérêt du S1 en recul de 1 % sur un an, distribution de 80 % des résultats [publié ; guidance société].

Banques espagnoles : chères, et pour deux d'entre elles émergentes

CaixaBank : revenu net d'intérêt du T2 de 2 729 millions d'euros (+3,5 %), ROTE de 18 % au T2, CET1 de 12,54 %, prêts non performants de 1,78 % [publié] ; franchise domestique dont la rentabilité dépend du revenu net d'intérêt. BBVA : ROTE du S1 de 22,2 %, CET1 de 12,90 %, rachat exceptionnel de 2 milliards d'euros [publié]. Banco Santander : ROTE publié du S1 de 17,4 %, CET1 de 14,0 %, intégration de TSB au Royaume-Uni depuis mai 2026 (effet de 40 points de base sur le CET1) [publié].

ING et Deutsche Bank

ING Groep : revenu net d'intérêt commercial du T2 de 4 174 millions d'euros (+10,7 %), commissions +14 %, ROTE de 17,0 % au T2 et de 14,5 % sur quatre trimestres glissants, CET1 de 13,1 % dont 1 milliard d'euros d'allègement d'actifs pondérés par transfert de risque [publié] ; une franchise financée par les dépôts, dont la rentabilité reste portée par le revenu net d'intérêt. Deutsche Bank : revenus du T2 de 8 479 millions d'euros (+9 %), résultat net du S1 de 4,1 milliards d'euros, ROTE du S1 de 11,9 %, CET1 de 13,9 %, coefficient d'exploitation du S1 de 60,9 %, nouveau programme de rachat de 500 millions d'euros [publié] ; la rentabilité la plus faible du panel, en progression.

7Valorisation comparée

Des multiples recalculés au 2 octobre

Cours de clôture du 2 octobre 2026 [publié, clôtures officielles]. Multiples calculés en rapportant au cours du 2 octobre les multiples publiés par stockanalysis.com le 8 octobre 2026 et le cours de ce jour (multiple au 02/10 = multiple publié × cours du 02/10 / cours du 08/10). Le calcul est exact pour le P/TBV et le rendement, aucune banque n'ayant publié de comptes entre ces deux dates [estimation NPC]. Le P/E 2026 rapporte le cours du 2 octobre au bénéfice par action 2026 attendu par le consensus des analystes, relevé le 8 octobre 2026 (10 à 18 analystes selon les titres) [consensus]. Rendement : dividendes en numéraire versés sur douze mois, hors rachats d'actions.

Banques payées moins de 0,9 fois l'actif net tangible
TitreCours 02/10/2026P/TBVP/E 2026 (consensus)RendementROTE (S1 2026)P/TBV pour 10 pts de ROTE
BNP Paribas92,06 €0,857,95,6 %13,3 %0,64
Crédit Agricole SA16,89 €0,887,46,8 %14,3 %0,61
Deutsche Bank30,94 €0,829,43,2 %11,9 %0,69
Société Générale66,30 €0,768,32,4 %12,0 %0,63
Banques payées plus de 1,8 fois l'actif net tangible
TitreCours 02/10/2026P/TBVP/E 2026 (consensus)RendementROTE (S1 2026)P/TBV pour 10 pts de ROTE
Banco Santander11,81 €1,9211,42,1 %17,4 %1,10
BBVA23,73 €2,3911,53,9 %22,2 %1,07
CaixaBank12,04 €2,5413,04,2 %18,0 % *1,41
ING Groep30,69 €1,8312,34,3 %14,5 % *1,26
Intesa Sanpaolo6,33 €1,9010,66,0 %25,0 %0,76
UniCredit78,85 €1,8010,74,0 %24,0 %0,75

* CaixaBank : ROTE du T2 2026 ; ING : ROTE sur quatre trimestres glissants au 30 juin 2026 ; le ROTE semestriel n'est pas publié sous cette forme par ces deux banques. Statut : P/TBV et rendement [estimation NPC, cours du 02/10/2026] ; P/E 2026 [consensus, 10 à 18 analystes, 08/10/2026] ; ROTE [publié]. Les définitions de l'actif net tangible retenues par la source des multiples peuvent différer de celles publiées par chaque banque. Percentiles historiques sur dix ans : n.d.

ROTE publié et prix rapporté à l'actif net tangible au 2 octobre 2026 : où se trouve l'asymétrie
10 %14 %18 %22 %26 %ROTE publié (S1 2026 ; CaixaBank T2, ING quatre trimestres glissants)0,51,01,52,02,5P/TBV au 02/10/20260,63 fois pour 10 points de ROTE (France)1,1 fois pour 10 points (Espagne) Société Générale Deutsche Bank BNP Paribas Crédit Agricole SA ING Groep Banco Santander CaixaBank BBVA UniCredit Intesa Sanpaolo
ROTE : publications des sociétés [publié] ; P/TBV : [estimation NPC, cours du 02/10/2026]. Violet : exposition cœur ; violet foncé : asymétrie défavorable ; gris : neutre. Les droites en pointillé représentent un prix constant de 0,63 fois (niveau français) et de 1,1 fois (niveau espagnol) l'actif net tangible pour dix points de ROTE. Les banques italiennes, proches de la droite française, ont une rentabilité au pic (section 3). Échelle : 33,75 points par point de ROTE, 109 points par unité de P/TBV.
Un panel coupé en deux

Le panel se paie 1,72 fois son actif net tangible et 10,3 fois ses bénéfices attendus pour 2026 en moyennes pondérées par les capitalisations (956 milliards d'euros au total) [estimation NPC]. Rapporté à la rentabilité, il se divise en deux : 0,61 à 0,76 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE en France, en Allemagne et en Italie, 1,07 à 1,41 fois en Espagne et chez ING. Les percentiles historiques sur dix ans sont n.d. : nous ne pouvons pas dire si la décote française est inhabituelle par rapport à son propre passé, seulement qu'elle l'est par rapport aux pairs.

8Analyse individuelle des titres portant une opinion

BNP Paribas

Exposition cœur

Thèse : le marché paie 0,85 fois l'actif net tangible une rentabilité de 13,3 % qui progresse (revenus du T2 +12,0 %), soutenue par la BFI, l'assurance et la gestion d'actifs autant que par le revenu net d'intérêt. La distribution d'au moins 60 % à partir de 2027 et un rendement de 5,6 % rémunèrent l'attente. La décote tient en partie au risque souverain français, vrai risque de la thèse.

Catalyseurs : résultats du T3 le 28/10/2026 [publié, calendrier BNP Paribas] ; décision de la BCE le 29/10 ; écart France contre Allemagne chaque mois.

Risques : provisions géopolitiques (95 millions d'euros au T2) [publié] ; revenus de marché ; écart souverain (c6).

Clause c4. ROTE trimestriel publié inférieur à 11 %, d'ici le 28/02/2027 : la thèse d'expansion est invalidée, le titre sort du groupe. Clause c6 (commune avec Crédit Agricole SA) : écart à dix ans France contre Allemagne supérieur à 100 pb, d'ici le 09/04/2027.

Crédit Agricole SA

Exposition cœur

Thèse : 0,88 fois l'actif net tangible et 7,4 fois les bénéfices attendus pour 2026 pour un ROTE de 14,3 %, avec le rendement le plus élevé du panel (6,8 %). Les revenus de gestion d'actifs et d'assurance réduisent la dépendance au revenu net d'intérêt ; le capital du groupe (CET1 de 17,2 %) protège la distribution, même si celui de Crédit Agricole SA est plus serré (11,3 %).

Catalyseurs : versement de l'acompte de 0,57 euro le 15/10/2026 [publié] ; résultats du T3 le 30/10/2026 [publié, calendrier Crédit Agricole SA].

Risques : CET1 de Crédit Agricole SA plus serré que celui du groupe ; écart souverain (c6).

Clause c5. ROTE publié sur neuf mois 2026 inférieur à 12 %, d'ici le 28/02/2027 : la progression de la rentabilité est invalidée, le titre sort du groupe. Clause c6 : voir BNP Paribas.

CaixaBank

Asymétrie défavorable

Thèse : le titre le plus cher du panel : 2,54 fois l'actif net tangible, 13,0 fois les bénéfices attendus pour 2026, 1,41 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE. Sa rentabilité dépend du revenu net d'intérêt domestique (sensibilité historique d'environ 7,5 % à 100 points de base) et se situe à un pic : le prix suppose que ce pic dure.

Catalyseurs : résultats du T3 le 30/10/2026 [publié, CaixaBank] ; enquête de la BCE sur la distribution du crédit le 27/10.

Risques pour la thèse : une hausse des taux plus durable prolongerait le pic ; la rémunération des actionnaires reste élevée.

Clause c7. P/TBV (cours de clôture rapporté à l'actif net tangible par action publié) inférieur à 2,0, d'ici le 09/04/2027 : le prix cesse de supposer la durée du pic, l'asymétrie redevient neutre et le titre sort du groupe.

ING Groep

Asymétrie défavorable

Thèse : 1,83 fois l'actif net tangible pour un ROTE de 14,5 % sur quatre trimestres glissants, soit 1,26 fois pour dix points de ROTE : deux fois le prix des banques françaises pour une rentabilité comparable. La croissance des commissions est réelle (+14 %), mais la rentabilité reste portée par les dépôts, et le CET1 bénéficie d'allègements par transfert de risque qui ne se répètent pas indéfiniment.

Catalyseurs : résultats du T3 le 29/10/2026 [publié, calendrier ING].

Risques pour la thèse : les objectifs relevés (ROTE supérieur à 16 % en 2027) [guidance société] pourraient être dépassés.

Clause c8. ROTE trimestriel publié de 18 % ou plus, d'ici le 28/02/2027 : la rentabilité justifie la prime, l'asymétrie redevient neutre et le titre sort du groupe.
Titres neutres

Intesa Sanpaolo et UniCredit : rentabilité au pic (ROTE de 25 % et 24 %), mais déjà payée comme telle (0,75 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE) ; ni décote à saisir ni prime à éviter. L'option Commerzbank ajoute une incertitude sur le capital d'UniCredit. Banco Santander et BBVA : valorisation élevée (1,07 à 1,10 fois pour dix points de ROTE), mais des résultats largement émergents, qui ne se jugent pas dans la grille de la zone euro. Société Générale et Deutsche Bank : décote comparable à celle de BNP Paribas, mais rentabilité plus faible (12,0 % et 11,9 %) dont la progression dépend encore de l'exécution des plans ; nous attendons deux trimestres de confirmation.

9Les deux groupes, argumentés

Caractéristiques d'une exposition cœur

  • BNP Paribas : franchise diversifiée, rentabilité en expansion (13,3 %), payée 0,64 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE, distribution formalisée.
  • Crédit Agricole SA : rentabilité en expansion (14,3 %), payée 0,61 fois pour dix points de ROTE, rendement de 6,8 %, revenus de gestion et d'assurance.

Asymétrie défavorable au prix actuel

  • CaixaBank : titre le plus cher du panel rapporté à sa rentabilité (1,41), rentabilité au pic et dépendante du revenu net d'intérêt.
  • ING Groep : 1,26 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE, deux fois le prix français pour une rentabilité comparable.
Là où la conclusion est instable

Société Générale remplit les critères de valorisation du premier groupe ; elle n'y entre pas faute de deux trimestres de rentabilité confirmée au-dessus de 11 %. Les banques italiennes paraissent bon marché rapportées à leur rentabilité, mais cette rentabilité est au pic : un recul de leur ROTE vers 18 % les ramènerait à environ 1,0 fois pour dix points, au niveau espagnol. Enfin, notre méthode classe en exposition cœur les titres les moins chers et en asymétrie défavorable ceux qui ont le plus monté sur un an (ING +46,9 %, CaixaBank +40,4 %, dividendes réinvestis) : c'est un biais de valeur commun à nos notes, qui peut jouer contre nous à court terme.

Contrôle de cohérence avec le consensus
TitreGroupe de la noteOrientation du consensusPosition de la note
BNP ParibasExposition cœurMajoritairement à l'achatAlignée
Crédit Agricole SAExposition cœurAvis partagésPlus favorable que le consensus
CaixaBankAsymétrie défavorableAvis partagés, majorité à l'achatPlus prudente que le consensus
ING GroepAsymétrie défavorableMajoritairement à l'achatPlus prudente que le consensus
SecteurNeutreStratégistes partagésAlignée

Consensus des analystes et des stratégistes, relevé le 8 octobre 2026. Il sert à vérifier la cohérence de nos opinions, jamais à les justifier.

Les divergences, expliquées

Crédit Agricole SA : les avis sont les plus partagés du panel ; notre position tient à une décote de 0,88 fois l'actif net tangible pour une rentabilité en progression et au capital du groupe (CET1 de 17,2 %), le CET1 plus serré de Crédit Agricole SA (11,3 %) restant le principal point de désaccord possible. CaixaBank et ING Groep : nous ne contestons pas la qualité des deux franchises, que reflètent les recommandations à l'achat ; notre réserve porte sur le prix payé pour cette qualité (1,41 et 1,26 fois l'actif net tangible pour dix points de ROTE). Secteur : en septembre 2026, les stratégistes sont partagés sur les banques européennes, entre sous-pondération et relèvements de titres [presse financière, septembre 2026] ; notre position neutre s'inscrit dans cette absence de consensus.

10Implications de portefeuille et facteur de risque commun

Dix banques, deux variables

Le facteur de risque commun est la trajectoire des taux de la BCE. La hausse de 2026 soutient le revenu net d'intérêt de toutes les banques du panel ; une baisse l'inverserait, d'abord pour les banques domestiques du Sud et pour ING, dont les revenus en dépendent le plus. Le second facteur est la qualité du crédit, dont le resserrement des critères d'octroi est le premier signal (clause c1). Dix banques ne font pas dix risques : un portefeuille qui en détient plusieurs détient une position unique sur ces deux variables, déclinée en plusieurs lignes ; le choix entre les deux sous-panels change le prix payé, pas l'exposition au facteur.

Clause c3. Taux de la facilité de dépôt de la BCE inférieur à 2,25 %, d'ici le 30/06/2027 : le soutien des taux au revenu net d'intérêt s'inverse ; les deux groupes et l'opinion sectorielle sont réexaminés.

Par enveloppe, sans instrument nommé
  • Assurance-vie en unités de compte : fonds actions européens ou de la zone euro diversifiés, dans lesquels les banques pèsent selon leur poids de marché ; fonds sectoriels ou fonds indiciels UCITS sur les banques européennes pour une exposition dédiée, en sachant qu'un indice sectoriel de la zone euro est dominé par l'Espagne et l'Italie.
  • PER : mêmes catégories dans la poche actions, l'horizon long permettant de porter la distribution.
  • Compte-titres : titres en direct pour une expression par sous-panel, fonds indiciels UCITS sectoriels.

Ces catégories sont génériques : la sélection du véhicule relève du cabinet et de l'adéquation client (profil de risque, horizon, fiscalité).

11Calendrier des douze prochaines semaines

DateÉvénementStatut
14/10/2026Résultats du T3 de Bank of America (univers de compréhension)[publié, Bank of America]
15/10/2026Versement de l'acompte sur dividende de Crédit Agricole SA (0,57 euro)[publié]
26/10/2026BCE, enquête sur l'accès des entreprises au financement[publié, calendrier BCE]
27/10/2026BCE, enquête d'octobre sur la distribution du crédit (clause c1)[publié, calendrier BCE]
28/10/2026Résultats du T3 de BNP Paribas (c4) et de Banco Santander[publié, calendriers des sociétés]
29/10/2026Résultats du T3 de Société Générale, ING (c8) et BBVA ; conférence de Deutsche Bank sur ses résultats du T3 ; décision de politique monétaire de la BCE (c3)[publié, calendriers des sociétés ; presse financière pour la BCE]
30/10/2026Résultats du T3 de Crédit Agricole SA (c5), CaixaBank (c7) et Intesa Sanpaolo[publié, calendriers des sociétés]
n.d.Résultats du T3 d'UniCredit (date non publiée au 02/10/2026)n.d.
Novembre 2026Revenu net d'intérêt agrégé du T3 des dix banques, première lecture de la clause c2[estimation, publications du 28 au 30 octobre]
MensuelÉcart de taux France contre Allemagne (clause c6) et prêts au secteur privé de la zone euro[publié, BCE]

12Annexe des clauses de réfutation

ClauseIndicateurSourceSeuilSensHorizonConséquence
c1
Secteur
Part nette des banques de la zone euro durcissant leurs critères de crédit aux entreprisesBCE, enquête trimestrielle sur la distribution du crédit> 15 %Hausse30/04/2027Opinion sectorielle revue vers Sous-pondérer
c2
Secteur
Revenu net d'intérêt agrégé des dix banques, T3 2026 contre T3 2025Publications trimestrielles des sociétés> 6 %Hausse30/11/2026Surpondération du secteur examinée
c3
Panel
Taux de la facilité de dépôt de la BCEBCE, décisions de politique monétaire< 2,25 %Baisse30/06/2027Soutien des taux inversé ; groupes et opinion sectorielle réexaminés
c4
BNP Paribas
ROTE trimestriel publiéPublications trimestrielles de BNP Paribas< 11 %Baisse28/02/2027Thèse d'expansion invalidée ; sortie du groupe exposition cœur
c5
Crédit Agricole
ROTE publié sur neuf mois 2026Publication trimestrielle de Crédit Agricole SA< 12 %Baisse28/02/2027Progression de la rentabilité invalidée ; sortie du groupe exposition cœur
c6
BNP, Crédit Agricole
Écart de taux à dix ans France contre AllemagneBCE, rendements à long terme, mensuel> 100 pbHausse09/04/2027Décote requalifiée en risque souverain ; sortie des deux titres du groupe exposition cœur
c7
CaixaBank
P/TBV (cours de clôture / actif net tangible par action publié)Cours quotidien ; publications trimestrielles de CaixaBank< 2,0Baisse09/04/2027Asymétrie redevenue neutre ; sortie du groupe
c8
ING Groep
ROTE trimestriel publiéPublications trimestrielles d'ING≥ 18 %Hausse28/02/2027Prime justifiée ; asymétrie redevenue neutre ; sortie du groupe

Ces clauses sont surveillées en continu entre deux éditions ; le franchissement de l'une d'elles déclenche un flash d'une page, puis une édition hors calendrier si la conséquence le prévoit.

13Écarts depuis la précédente édition

Première édition : sans objet.

14Conflits d'intérêts et historique des opinions

Production achevée le 8 octobre 2026 à 18h00 (heure de Paris). NPC Invest (marque de NoblePeak Capital Partners) ne détient aucune participation dans BNP Paribas, Crédit Agricole SA, Société Générale, ING Groep, Banco Santander, BBVA, CaixaBank, Intesa Sanpaolo, UniCredit et Deutsche Bank, n'a fourni à aucun de ces émetteurs de service de banque d'investissement ou de conseil au cours des douze derniers mois et n'est liée à aucun d'eux par un contrat. La seule rémunération de NoblePeak liée à des instruments financiers est constituée de commissions de gestion sur le véhicule NPC Private Markets (marchés privés non cotés, sans lien avec les émetteurs cités). L'auteur peut détenir à titre personnel des positions sur les classes d'actifs couvertes, sans négociation en amont de la publication.

Historique des opinions (douze mois glissants) : première édition, aucun historique antérieur.

15Annexe méthodologique

Sources. Communiqués de résultats et présentations du T2 et du S1 2026 des dix banques ; calendriers financiers des sociétés ; BCE (taux directeurs, courbe des taux AAA de la zone euro, statistiques de bilan, enquête sur la distribution du crédit, rendements à long terme, taux d'intérêt bancaires) ; clôtures officielles des places de cotation pour les titres, de STOXX pour le STOXX Europe 600, et d'un fonds indiciel UCITS répliquant l'EURO STOXX Banks dividendes réinvestis ; stockanalysis.com (multiples des titres, relevés le 8 octobre 2026) ; CNBC et Trading Economics (niveau et variation de l'EURO STOXX Banks en prix, sources secondaires). Date d'arrêté. 2 octobre 2026, clôture des marchés ; les multiples relevés le 8 octobre sont ramenés au cours du 2 octobre selon la méthode de la section 7.

Définitions. ROTE : résultat net rapporté aux fonds propres tangibles moyens (BNP Paribas publie un ROTE sur fonds propres tangibles non réévalués). CET1 : fonds propres de base de catégorie 1 rapportés aux actifs pondérés par les risques. Coût du risque : dotations nettes aux provisions rapportées aux encours de crédit, en points de base. P/TBV : cours rapporté à l'actif net tangible par action ; P/B : cours rapporté à l'actif net comptable par action. P/E 2026 : cours du 2 octobre 2026 rapporté au bénéfice par action 2026 attendu par le consensus des analystes. Rendement : dividendes en numéraire des douze derniers mois rapportés au cours, hors rachats. P/TBV pour dix points de ROTE : P/TBV divisé par le ROTE, multiplié par dix.

Biais de style. La méthode privilégie les titres les moins chers rapportés à leur rentabilité ; elle place mécaniquement en asymétrie défavorable des titres qui ont fortement monté. Ce biais de valeur est commun à nos notes et explique une partie des écarts de court terme. Limites connues. Les ROTE ne sont pas publiés sur la même période par toutes les banques (CaixaBank au trimestre, ING sur quatre trimestres glissants). L'actif net tangible retenu par la source des multiples peut différer de celui publié par chaque banque. Les percentiles historiques des multiples et le P/E 2026 du STOXX Europe 600 sont n.d. Les sensibilités du revenu net d'intérêt aux taux sont n.d. par titre, sauf CaixaBank. Les écarts souverains sont des moyennes mensuelles d'août 2026, dernières publiées à la date d'arrêté.

Univers investissable (opinion portée) : BNP Paribas, Crédit Agricole SA, Société Générale (Euronext Paris) ; ING Groep (Euronext Amsterdam) ; Banco Santander, BBVA, CaixaBank (Bolsa de Madrid) ; Intesa Sanpaolo, UniCredit (Borsa Italiana) ; Deutsche Bank (Xetra). Univers de compréhension (aucune opinion portée) : Commerzbank, ABN AMRO, KBC, UBS, HSBC, Barclays, JPMorgan Chase, Bank of America, Nordea. Devise : euro ; les comparaisons portent sur des ratios sans dimension. Statut des chiffres : [publié], [guidance société], [consensus], [estimation].

16Avertissement légal

NPC INVEST
Recherche sectorielle, marque de NoblePeak Capital Partners
Note sectorielle | banques-ez, édition 1
Données arrêtées au 2 octobre 2026